Le Périgord
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L’orgue de Saint-Astier inauguré

mercredi 19 novembre 2008, par Alain Rassat

L’inauguration de l’orgue de l’église de Saint-Astier a eu lieu le 6 décembre 2008, à 10 heures, en présence de Jacques Monmarson, maire de Saint-Astier et de Monseigneur Michel Mouïsse, évêque de Périgueux et Sarlat.

L’idée d’un orgue à Saint-Astier est née en mai 1987, à l’issue d’un concert en l’église avec Christian Mouyen, organiste, alors professeur au Conservatoire de Bordeaux. Le projet prend forme et progresse avec l’assistance de Francis Chapelet, membre de la Commission Nationale des Orgues. De cahiers des charges en avant-projets, l’équipe constituée du père Bruno Dugas, d’Albert-Paul Defontaine et d’Yvonne Bonnamy, parvient, avec le soutien de Francis Chapelet, à arrêter un avant-projet répondant aux contraintes historiques du monument classé et complétant ainsi la gamme des orgues de Dordogne. Accord est donné en mai 1989 par monsieur le Maire Jacques Monmarson, pour un instrument d’esthétique nordique, adapté à la musique polyphonique du Nord de l’Europe. Feu vert est également donné pour la création de l’association des Amis de l’Orgue, présidée par Albert-Paul Defontaine. A son décès, en février 1994, le nouveau président, Michel Audoin, lance une série de concerts destinés à financer le projet. Les accords de financement des organismes officiels (Direction Régionale des Affaires Culturelles, Conseil Régional d’Aquitaine, Conseil Général de la Dordogne) conclus en 1998, permettent l’établissement d’un cahier des charges définitif et le choix du facteur d’orgue, monsieur Pesce, à Pau, en janvier 2001. Les travaux de restauration de l’église, le choix de l’emplacement de l’orgue dans l’édifice et la construction de la tribune destinée à le recevoir ne permettront la mise en place de l’instrument qu’en 2008 et son inauguration et bénédiction qu’en ce jour du 6 décembre 2008.

La fiche technique de l’orgue

- L’orgue comporte 22 jeux répartis sur deux claviers manuels de 56 notes, un pédalier de 30 notes et 1 468 tuyaux parlants. D’esthétique baroque allemand, les instruments connus ont été la base sur laquelle s’est élaborée la réflexion des facteurs d’orgue.
- Le buffet, réalisé en épicéa massif, d’une hauteur totale de 7,80 mètres, a été décoré par Alain Cornil.
- Les sommiers : quatre sommiers en chêne. Les gravures peu profondes sont conformes à l’orgue allemand.
- L’alimentation en vent : soufflerie électrique, deux réservoirs cunéiformes, un seul pli, porte-vent d’alimentation générale en sapin.
- Tous les postages sont en plomb.
- Mécanique : tirage de notes de type « suspendu » pour les manuels, « foulante » pour la pédale. Les différents abrégés en bois et laiton sont montés sur des cadres en chêne. Les liaisons sont réalisées par vergettes de bois ou fils de laiton. Les tirants de registres sont mécaniques.
- La console : disposée en fenêtre, elle comporte deux claviers plaqués d’os pour les naturelles, d’ébène pour les frontons et peintes.
- L’accouplement des claviers II/I est « à tiroir ». Le pédalier de type allemand est plat, châssis et marches en chêne. Les rehausses découpées des feintes sont en noyer. Les tirants de registres sont en chêne, les pommeaux en merisier tourné.
- La tuyauterie : l’ensemble des jeux est construit à partir de relevés effectués sur des instruments historiques d’esthétique similaire. Les alliages, assez pauvres en étain et riches en plomb de manière à favoriser le son fondamental, sont vigoureusement martelé pour tenir dans le temps. Pour le jeu d’anches, les rigoles sont recouvertes de plomb ou de peau. Les tuyaux en bois sont en chêne ou épicéa.
- L’harmonisation a été réalisée sur le site, toute la tuyauterie coupée au ton, excepté pour ceux disposés en façade. L’orgue est accordé au A 440 P/S selon le tempérament Kellner.

Les facteurs d’orgue

L’entreprise PESCE Frères et Fils est une entreprise familiale fondée à Pau en 1949 par Antoine PESCE. Elle est actuellement menée par Gilbert et Michel Pesce, fils du fondateur, et Stéphane, fils de Gilbert. Cette entreprise est attachée à un travail entièrement artisanal, évitant l’emploi de pièces préfabriquées. Elle a construit un nombre assez importants d’instruments neufs en Aquitaine, Midi-Pyrénées, Bretagne, Centre de la France, PACA… Parmi ses réalisations récentes inspirées du style « baroque allemand », citons l’orgue de l’église réformée d’Orthez, l’église paroissiale du Sacré Cœur à Lourdes, les orgues de Blanquefort, de Marseille Saint Fortuné. Citons également les reconstructions des grandes orgues de la Basilique Saint Pie X et, récemment, la reconstitution du grand Cavaillé Coll de la basilique du Rosaire à Lourdes. Actuellement deux instruments neufs sont en cours de fabrication dans leur atelier de Pau, l’un de trois claviers destiné à l’église de Sollies Toucas (Var) et l’autre pour Gujan Mestras (Gironde).

Récital inaugural

(Sous réserve de modifications) -

- Orgue Prélude et fugue en ré mineur de Vincent LÜBECK

- Quatuor de cuivres, orgue et timbales Oeuvres de Jean-Joseph MOURET

- Orgue Toccata en fa majeur BuxWV156 de Dietrich BUXTEHUDE

- Quatuor de cuivres, orgue et timbales Oeuvres de Michel-Richard DELALANDE

- Orgue Choral du Veilleur de Jean-Sébastien BACH

- Quatuor de cuivres, orgue et timbales Oeuvres de Johann PACHELBEL

- Orgue Toccata et fugue en ré mineur BWV565 de Jean-Sébastien BACH

- Deux trompettes et orgue Aria de Jean-Sébastien BACH

- Quatuor de cuivres, orgue et timbales Water Music de Georg Friedrich HAENDEL

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